Les décideurs s'appuyer sur des collaborateurs à haut potentiel...
Tech Sub Industrie Environnement est le spécialiste des travaux d'accès difficles...


Total prépare son avenir
Satisfaire à la croissance mondiale des besoins en énergie et à l'urgence des problématiques environnementales : telle est pour Total l'une des grandes équations à résoudre. Pour y répondre, la stratégie du groupe se déploie sur trois fronts : attaquer les ressources pétrolières et gazières plus difficiles d'accès, améliorer l'efficacité énergétique dont le potentiel peut être énorme avec des résultats rapides, accélérer la diversification des sources d'énergie et préparer les solutions du futur. Entretien avec Jean-François Minster, directeur scientifique de Total, qui décrypte ici les grands axes de recherche et développement.
> QUAND ON S'APPELLE TOTAL, COMMENT RÉPOND-ON À LA CONTRADICTION QUI EXISTE ENTRE ÉNERGIE ET ENVIRONNEMENT ?
Jean-François Minster : Dans l'absolu, je ne sais pas s'il y a contradiction… Comme toutes les activités humaines, l'industrie énergétique a un effet sur l'environnement. Et l'homme accroît sans cesse ses besoins en énergie, particulièrement dans les pays émergents. La demande mondiale progresse de 1,5 % par an, demande que ne peut satisfaire la production d'énergie à partir de ressources renouvelables. Aujourd'hui, l'éolien, le solaire, la géothermie et les biocarburants représentent ensemble moins de 1 % de la demande mondiale en énergie primaire. Même si ces énergies croissent de 15 à 30 % par an, cette croissance ne permet pas de satisfaire à la croissance de la demande annuelle. L'avancement technologique et les conditions économiques actuelles ne le permettent pas. Cela demandera du temps et beaucoup d'argent pour y parvenir.
> COMMENT SE TRADUIT CETTE ÉQUATION DANS LA RECHERCHE CHEZ TOTAL ?
Nous y répondons à court terme en travaillant d'une part sur des technologies nous permettant d'identifier et de produire des ressources pétrolières ou gazières beaucoup plus difficiles d'accès et plus complexes sur le plan de l'impact environnemental ; nous avons d'autre part des programmes sur l'efficacité énergétique, qui est un levier à fort potentiel. Nous travaillons aussi à moyen-long terme sur certaines énergies renouvelables. L'efficacité énergétique est un point capital dans la lutte sur les gaz à effet de serre. Cela suppose des améliorations sur les terrains de l'exploration-extraction, de la transformation-production et du produit final. Le recyclage doit être également pensé. Nous menons également des travaux sur des sujets transversaux à ces secteurs, comme l'empreinte carbone de notre activité, l'écotoxicité d'une molécule, etc.
Aujourd'hui, nous extrayons des hydrocarbures en conditions extrêmes comme à Shtockman, du pétrole à partir de sables bitumeux ou du gaz acide, qui contient beaucoup de dioxyde de carbone et d'hydrogène sulfuré. Ces types d'extractions nécessitent plus d'énergie. L'enjeu est d'en dépenser moins. De même, les compagnies pétrolières extraient un tiers seulement des réservoirs exploités. Si l’on augmentait ce taux, on diminuerait globalement les besoins en oléoducs, platesformes, forage… Ce sera un grand facteur d'efficacité.
un travail sur le raffinage : on cherche à en optimiser les processus avec de nouveaux catalyseurs fonctionnant à basse température, créer des réacteurs de distillation et de craquage moins gourmands en énergie et plus fiable, abaisser la consommation d'eau et d'émission de CO 2. En pétrochimie, Total bénéficie de cinquante ans d'expérience. Les plastiques que nous produisons ne cessent de s'améliorer : plus légers, plus résistants d'un point de vue thermique et mécanique, émettant moins de gaz résiduels…
Le nouvel enjeu, c'est aussi la substitution du pétrole par d'autres matières premières, comme le charbon ou la biomasse. Le premier est plus coûteux en besoin énergétique et en CO2 émis au cours de sa transformation, la seconde produit une matière première de qualité moins constante. Par ailleurs, il faut travailler le cycle de vie des produits. La biodégradabilité ne peut être pas l'alfa et l'oméga du recyclage. Par exemple, un gobelet trop biodégradable ne peut recevoir d'eau. L'utilisation du contenu énergétique des produits est une autre solution. Il faut donc améliorer l'organisation du recyclage pour que se développe une véritable éco-industrie où les déchets des uns deviennent la matière première des autres. On le fait déjà pour le papier et les métaux…
Plus d'information sur www.total.com/fr/groupe/activites-900034.html
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