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Innovation & Industrie 33 > Europe et Monde

Numérique : Les pays de l'UE doivent doubler les investissements de R&D


 MARC DACIER

Dans « Une stratégie numérique pour l'Europe », rapport publié le 19 mai, la Commission européenne lance un plaidoyer pour une augmentation importante des investissements en R&D dans les technologies de l'information et de la communication, secteur pourtant le mieux doté du 7e PCRD avec plus de 9 milliards d'euros (2006-2013). L'enjeu ? Tout simplement éviter un déclassement du Vieux Continent.

La stratégie numérique pour l'Europe porte, entre autres actions recommandées (voir encadré ci-contre), sur une augmentation des investissements dans la R&D et l'utilisation des TIC pour relever les défis auxquels la société doit faire face, tels que le changement climatique et le vieillissement de la population. La stratégie numérique pour l'Europe est la première des sept initiatives phares prises dans le cadre de la stratégie Europe 2020 lancée en mars 2010. Cette stratégie a pour objet de tracer une voie afin d'exploiter au mieux le potentiel social et économique des TIC, surtout de l'Internet, qui constitue désormais le support essentiel de toute activité économique et sociétale. « La stratégie ambitieuse dévoilée aujourd'hui montre sur quels domaines nous devons concentrer nos efforts pour les années à venir. Pour tirer le meilleur parti du potentiel que les technologies numériques offrent à l'Europe, il faut que l'engagement des États membres, du secteur des TIC et d'autres acteurs économiques essentiels soit total », déclarait Neelie Kroes, commissaire en charge de la stratégie numérique.

Les raisons du retard européen

Un budget de 9,1 Md€ a été réservé à la recherche sur les TIC au titre du septième programme-cadre. Il s'agit du thème de recherche le plus important, avec 64 % du budget total du 7e PCRD. Pourtant, en matière d'investissement, l'Union européenne reste encore à la traîne en comparaison des Etats-Unis: en 2007, l'UE investissait 37 Md€, contre 88 Md€ outre-Atlantique. C'est pourquoi le rapport insiste pour que « l'Europe investisse davantage dans la R&D et fasse en sorte que les meilleures idées soient développées et mises sur le marché ». La stratégie impute ce retard d'investissement à trois causes principales : la faiblesse et la dispersion des efforts publics dans le domaine de la R&D ; la fragmentation du marché, et la dispersion et l'adoption lente des innovations fondées sur les TIC. Afin de répondre à ces problèmes, « l'Europe doit accroître, réorienter et regrouper ses investissements afin de conserver un avantage concurrentiel dans ce domaine et continuer à investir dans la recherche à haut risque, notamment dans la recherche fondamentale multidisciplinaire ».

Les TIC ne sont pas une fin en soi

Les actions clés sur lesquelles la Commission prévoit de se concentrer sont précisément les suivantes:
• dégager plus d'investissements privés,
• renforcer la coordination et la mise en commun des ressources avec les États membres et les entreprises,
• proposer des mesures permettant un accès léger et rapide aux fonds de l'UE pour la recherche dans le domaine des TIC,
• garantir un soutien financier suffisant aux infrastructures de recherche communes dans le domaine des TIC et aux pôles d'innovation,
• collaborer, avec les parties prenantes, au développement d'une nouvelle génération de services et d'applications fondés sur le Web.

Les États membres devraient, en outre, doubler leurs dépenses publiques annuelles totales en ce qui concerne la recherche et le développement dans le domaine des TIC, en passant de 5,5 Md€ à 11 Md€ d'ici à 2020, et lancer des projets pilotes de grande envergure destinés à tester et à développer des solutions innovantes et interopérables dans les domaines d'intérêt général. Les TIC, cependant, ne sont pas une fin en soi. En effet, le rapport précise que « l'utilisation intelligente de la technologie et l'exploitation des informations nous aideront à relever les défis auxquels la société doit faire face, tels que le changement climatique et le vieillissement de la population ». Cela s'applique aux TIC pour réaliser des économies d'énergie et des ressources, pour des soins de santé durables et un soutien fondé sur les TIC en vue de promouvoir la dignité et l'autonomie, pour la promotion de la diversité culturelle et du contenu créatif, pour l'administration en ligne et des systèmes de transport intelligents afin de rendre les transports efficaces et pour une amélioration de la mobilité

MARC DACIER

« Dans « Une stratégie numérique pour l'Europe », rapport publié le 19 mai, la Commission européenne lance un plaidoyer pour une augmentation importante des investissements en R&D dans les technologies de l'information et de la communication, secteur pourtant le mieux doté du 7e PCRD avec plus de 9 milliards d'euros (2006-2013). L'enjeu ? Tout simplement éviter un déclassement du Vieux Continent. »
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